L'Arche d'Aigrefoin
Communauté et Etablissement médico-social à Saint-Rémy-lès-Chevreuse

Actualités

Photo : Denis Piveteau ©Philippe Chagnon

Denis Piveteau : pouvoir « vivre chez soi sans vivre seul »

Membre du conseil d’administration de la fédération de L’Arche en France, le conseiller d'État Denis Piveteau1 s’est vu confier à l’automne 2019 (avec Jacques Wolfrom2) par le Premier ministre une mission d’études chargée de préparer le lancement d’une stratégie nationale de déploiement de l’habitat inclusif.
Le
rapport a été remis au gouvernement fin juin 2020 et certaines de ses propositions ont de bonnes chances d’être intégrées dans la nouvelle loi Grand âge et autonomie (prévue pour début 2021). Déjà, le Parlement a adopté fin 2020 la proposition du rapport pour la création d'une aide à la vie partagée (AVP), prenant ainsi en compte les nouvelles formes d'habitat inclusif.

1/ Votre rapport propose une solution d’habitat inclusif « accompagné, partagé et inséré » (API) pour permettre de « vivre chez soi sans être seul » : pourquoi pensez-vous que cette solution est aujourd’hui la voie que notre société devrait emprunter pour permettre aux personnes fragiles de vivre dans de bonnes conditions ?
La voie à suivre par la société réside moins, je crois, dans un dispositif particulier que dans la capacité à apporter à chacun la solution qui répond à ses aspirations, en stimulant chaque fois l’interaction sociale la plus dense possible. Et ça ne sera pas forcément toujours l’habitat API. À certains moments de la vie, ou parce que le handicap est très lourd – ou parce que le monde environnant est très peu accueillant ! – la réponse institutionnelle traditionnelle sera peut-être ce qui permet (dans un cercle évidemment restreint) le mieux de vie relationnelle.
Mais si l’habitat API s’impose comme une sorte de standard, c’est parce qu’il repose tout simplement sur le droit commun : habiter comme tout le monde avec tout le monde. Mais avec des services d’aide à la vie quotidienne, et sans vivre seul. Au fond, avoir l’appui d’un cercle de proximité tout en étant chez soi. J’allais dire : comme en famille.

2/ En quoi l’expérience de L’Arche a-t-elle pu être une source d’inspiration dans la conception de cette proposition d’habitat API ?
En étant à bien des égards son prototype, puisque le rapport ne propose pas véritablement l’habitat API – nous savons bien qu’il existe déjà quel que soit le nom qu’on lui donne – mais vise à permettre son déploiement plus massif. Les communautés de L’Arche offrent des propositions qui s’inscrivent dans la logique du « vivre chez soi sans vivre seul ». À preuve le fait que quiconque, handicapé ou non, a vocation à y habiter. Cette « mixité » qu’incarnent très particulièrement les assistants qui vivent sur place est un marqueur très fort d’un habitat API.

3/ Dans cette logique, quels sont les défis que doivent relever les communautés de L’Arche, voire les évolutions à engager ?
D’abord savoir faire vivre et durer cette mixité. C’est le cœur du projet de L'Arche. Être aussi très attentif à l’ouverture sur la société environnante. Dans API, le I signifie « inséré dans la vie sociale », c’est-à-dire dans le quartier, la ville, les activités associatives et civiques. Certes, il y a quelques fois des obstacles liées à l’implantation géographique. Mais c’est important de trouver un bon équilibre entre la vie communautaire et l’ouverture sur l’extérieur.

4/ Comment penser l’habitat inclusif pour les personnes les plus lourdement handicapées accueillies jusqu’à maintenant en FAM et en MAS ?
Je renverse la question : pourquoi « place »-t-on des personnes adultes en foyer ? À quel héritage socio-culturel cela se rattache-t-il ? Il faut arriver à pivoter dans nos têtes, pas pour supprimer les institutions médico-sociales, mais pour les placer en solutions de subsidiarité, mobilisées après les autres. On trouve normal qu’une personne pourtant lourdement handicapée, dont on dit qu’elle ne peut « qu’aller en MAS » rentre passer un mois de vacances en famille. Alors ? Pourquoi ne pas trouver le moyen de lui proposer de dilater à l’année entière ce mode de vie de type familial ?

5/ À votre avis, est-ce que notre société est suffisamment prête, suffisamment solidaire pour développer massivement des habitats « accompagnés, partagés et insérés » ?
Notre société est lasse, surtout, des mécanismes de solidarité abstraits, distants, bureaucratiques. L’habitat API n’est pas à chercher sur la lune. Ce sera le vieil hôtel désaffecté du centre-bourg qu’une mairie décidera de restaurer pour y loger, en plus d’employés municipaux, des personnes invalides du village qui ne peuvent plus vivre chez elles. Ce sera la maison devenue trop grande que sa propriétaire, veuve et impotente, aménagera en studios pour d’autres personnes invalides comme elle et quelques jeunes professionnels, etc.

6/ Comment est accueillie la proposition d’habitat API dans le secteur médico-social ?
Pas forcément mal, car les gestionnaires y sont à l’écoute des aspirations profondes de ceux qu’ils accueillent. Mais il y a pu y avoir des critiques mettant en avant le risque d’une dérive vers des solutions « low cost », moins sûres, moins riches en professionnels formés, bref : budgétairement opportunistes de la part des pouvoirs publics. C’est une idée que je combats, bien sûr. À densité de services identiques, l’habitat API n’a aucune raison d’être sensiblement moins cher. Ou plutôt : s’il l’est, ce sera pour des raisons qui ne tiennent pas à des économies faites sur le dos des personnes qui y vivent. Mais parce que lorsque tous, valides et handicapés, partagent un même projet de vie qui les motive et que la responsabilité de chacun est attendue, il est possible que ça diminue certains coûts « cachés » du fonctionnement d’une structure…

7/ En quoi la crise sanitaire et le confinement peuvent-ils représenter une opportunité ou au contraire un frein au développement des habitats inclusifs ?
En faisant prendre conscience que le dilemme entre « rester chez soi tout seul » et « rester enfermé dans un établissement » et soumis à un règlement qui peut, du jour au lendemain, empêcher toute visite, bref, celui du choix entre deux solitudes, est un dilemme inadmissible.

Voir la présentation globale du rapport par Denis Piveteau pour les Petits Frères des Pauvres.

1 – Denis Piveteau est conseiller d’État, président de la 5e chambre de la section du contentieux du Conseil d’État (depuis août 2019). Il est président du conseil d’administration de Simon de Cyrène.

 2 – Jacques Wolfrom est président du comité exécutif du groupe Arcade (immobilier social).

Photo : DenisPiveteau ©Philippe Chagnon

 

Publié sur le site de L’Arche en France le 4 Janvier 2021

L'Arche internationale constitue une Commission d'Etudes sur son fondateur

Après avoir révélé en février 2020 les résultats de l'enquête menée sur les débuts de L'Arche et sur son fondateur Jean Vanier, la fédération internationale a décidé de poursuivre le travail d’enquête et d’approfondissement de ce sujet difficile. En effet, beaucoup de questions restent encore sans réponse.

C'est pourquoi, L'Arche internationale a confié à Érik Pillet, ancien président de L'Arche en France et ancien responsable de L'Arche en Pays toulousain, la tâche de constituer et de coordonner une Commission Études, chargée de mieux mesurer l'impact des faits mis à jour au sujet de Thomas Philippe puis de Jean Vanier. Il s’agit d'éclairer l’histoire de la fondation de L'Arche et ses ressorts, ainsi que d'identifier les dynamiques culturelles et institutionnelles au sein de L’Arche ayant pu faciliter ces situations d'abus.
Ce travail sera mené à l'aide d'archives diverses et d'entretiens multiples de membres de L'Arche ou de proches. La Commission Études a commencé à se réunir fin novembre. Elle est composée essentiellement de chercheurs extérieurs à L'Arche dans quatre disciplines principales :

  • Histoire : Antoine Mourges et Florian Michel
  • Sociologie/Anthropologie : Claire Vincent-Mory et Pamela Cushing
  • Psychiatrie/Psychanalyse : Bernard Granger et Nicole Jeammet
  • Théologie : deux théologiens, un homme et une femme, rejoindront prochainement la commission.

La Commission a par ailleurs prévu de faire appel à des spécialistes sur des points précis, tels qu'Alessandra Pozzo, chercheure en sciences du langage.
Le travail de la Commission Études est supervisé par un Comité scientifique qui s'assure de la rigueur méthodologique de la démarche.  Ce comité scientifique devra rendre un avis préalable au rapport final de la Commission prévu pour la fin 2022. D'ici là, la commission Études a prévu d'effectuer des points d'étape sur l'avancement de ses recherches.
Pour plus de précisions sur les missions de la Commission Études, du Comité scientifique, la composition et le profil des membres, lire la note de présentation de L'Arche internationale.

Parallèlement à la Commission Études, L'Arche internationale a lancé en 2020 plusieurs autres chantiers connexes :

  • La constitution d'une cellule internationale permanente de signalement de tout acte de violence (physique, sexuelle, psychique ou morale) au sein des communautés dans le monde, travaillant en coordination avec les cellules nationales dont la cellule française.
  • Un audit des mesures actuelles de prévention des abus de protection des personnes au sein de la fédération internationale (en cours).
  • Le développement d'une offre de formation inclusive pour les communautés sur le sujet du safeguarding (protection et sécurité des personnes).
  • La création d'une commission de soutien aux victimes du père Thomas Philippe ou de Jean Vanier en poursuivant le travail déjà entrepris.

Publié sur le site de L'Arche en France le 22 décembre 2020

Jean Gaeremynck, le nouveau président de L'Arche en France

Le conseil d’administration de la fédération de L’Arche en France a officiellement désigné son nouveau président le 9 octobre dernier, à l’issue de son Assemblée générale annuelle. Il prend la suite de Bernard Bresson, président depuis 2012

Jean est conseiller d’État depuis 1980, actuellement président de la section des finances du Conseil d’État. Au cours de sa carrière, il a exercé différentes fonctions au sein de cabinets et directions ministérielles. Tourné vers les questions sociales, Jean a notamment été président de l’Ofpra de 2009 à 2018 (Office français de protection des réfugiés et apatrides). Il a croisé L’Arche lorsqu'en tant que directeur de la population et des migrations, il s'est occupé des autorisations de travail des volontaires internationaux.

« Je suis vraiment heureux de rejoindre L’Arche car je sens que c’est une organisation en mouvement, explique-t-il. Je suis motivé par sa stratégie de développement avec plusieurs projets de création de nouvelles communautés. Je suis aussi attaché à sa dimension internationale et à son souci d’ouverture et de dialogue avec la société », précise-t-il. Jean Gaeremynck prendra sa retraite du Conseil d’État en octobre 2021 et se consacrera alors plus amplement à sa mission pour L’Arche.

Publié le mardi 17 Novembre

Offre d'emploi

Nous recherchons un responsable de foyer (H/F) en CDD

Nous accueillons des volontaires

Être volontaire c’est : 

Des rencontres (extra)ordinaires

La vie partagée, au quotidien, avec des personnes ayant un handicap mental, c'est un défi. Cependant, les relations qui se tissent avec elles dans les foyers sont si riches que l'aventure vaut le coup !

S'arrêter pour construire son avenir

Un engagement comme volontaire (de 6 à 24 mois) offre un temps de réflexion sur ses choix et ses attentes face à la vie.

Se confronter à la différence

Les communautés de L'Arche reposent sur des relations d'entraide et d'amitié entre personnes d'origine sociale, de religion et de culture différentes. 
90% des volontaires témoignent que cette expérience les a préparés à s'engager dans la société et dans la vie associative.

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